Jean-Marc Denjean – Réflexions après les attentats à Charlie Hebdo

le 27 janvier 2015

Un événement chasse l’autre. Aujourd’hui la Grèce est au premier plan de l’actualité. La démocratie a fonctionné. C’est essentiel. Attendons de voir. C’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Je ne crois pas à un quelquonque bouleversement de la donne européenne. Les partisans des thérapies budgétaires de choc sont sur la défensive, la planche à billet va fonctionner, l’euro et le pétrole baissent et les marchés financiers sont désormais dans l’expectative. Le débat sur les déficits publics a fait place, en Europe, à celui des réformes dites structurelles et de la croissance. Syriza, si j’ai bien compris, a placé la réforme de l’administration et de la fonction publique, coupable d’incuries et de corruption généralisée, au premier plan de son programme. C’est intéressant. Affaire à suivre.

Quitte à être en décalage, je reste d’abord préoccupé par la tragédie que nous venons de vivre en France et par les diverses réactions, commentaires ou initiatives qu’elle a pu susciter, y compris de la part de nos gouvernants.

Quelques éléments de réflexions : 

Je suis Charlie : ce n’est pas un choix, c’est un constat. Je sais désormais que ma vie peut être en danger selon ce que je pourrai penser, dire ou écrire. Je n’y croyais pas sérieusement mais on peut mourir, aujourd’hui en France pour des idées, pour une opinion. C’est terrible. Heureusement, je ne suis pas très médiatique mais ce n’est pas une consolation. La question n’est pas de savoir ce que je pense de Charlie Hebdo, de sa ligne éditoriale, de ses dessins. Je le reçois dans ma boîte à lettre tous les mercredi, mais je n’étais pas pour autant un lecteur assidu. J’étais même souvent en désaccord avec les quelques articles que je pouvais lire. La question est celle de la liberté de conscience et d’opinion. Je pense. Je parle. J’écris. Je manifeste. Je peux être une cible. Je suis Charlie.

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